Voici une nouvelle rubrique que les habitués de VéloSAM, le fanzine de la section, connaissent déjà. Il s'agit, seulement, d'une autre façon de déguster le cyclisme... au travers des pages de romans, bandes-dessinnées ou chroniques papiers diverses. Dans ces colonnes, vous retrouverez quelques unes des analyses de notre cru envers différentes oeuvres. A savouer sans modération !

Un grand merci à Marie-Pierre Pujol (la maman de Margaux) qui fut l'initiatrice de cette rubrique et dont vous pourrez retrouver un article.

 

 

L'aigle sans orteils
Christian Laborde
Bénabar

 

 

 

 

 

 

L'aigle sans orteils

 

 

Place pour débuter à une bande-dessinée d'un style original. "L'Aigle sans orteils" nous narre les aventures d'Amédée, jeune homme rêvant de disputer le Tour de France au début du siècle dernier… Passionnant et émouvant !

Amédée Fariot habite dans les Pyrénées. Les montagnes, il les arpente en permanence, mais à pied, chargé comme un mulet, pour ravitailler l'observatoire, tout en haut et par tous les temps. Et pourtant, c'est encore de montagnes dont il rêve… Mais cette fois-ci sur sa bicyclette. Il envie ces champions, ces forçats de la route qui font le "magique" Tour de France.

Justement, lors de ses visites à l'observatoire, il rencontre Camille, l'astronome. Ce dernier lui avoue sa passion pour le cyclisme. Le Tour, dit-il, est une magnifique aventure humaine. Il faut souligner qu'à cette époque les étapes faisaient régulièrement plus de 350 kilomètres pour un total de 4 500. Le revêtement des routes manquaient cruellement de confort, tout comme les vélos empruntés.

Un jour, c'est sûr, Amédée pourra s'acheter sa machine et se mesurer à Petit-Breton qui vient de remporter sa deuxième grande boucle. Et quand Amédée a une idée en tête, il s'y tient. Cependant, il va falloir compter avec les aléas de la vie...

Emotion, leçon de courage, d'humilité, cet ouvrage ravira les passionnés de cyclisme comme les fans de BD. A vous de reconnaître quelques glorieux anciens au grès des différentes planches. Vous ne verrez plus le Tourmalet de la même façon...


 

"L'Aigle sans orteils" de Christian LAX

Editions : Air Libre Dupuis.

ISBN : 2-8001-3711-8

 

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Cristian Laborde : Le Petit Livre Jaune

 

 

Christian Laborde. Je l'ai découvert sur le petit écran l’été dernier (je suis toute jeune dans la culture cycliste !). Il était temps ! Il en est à son cinquième livre sur le Tour de France.
A la fin de chaque étape de la Grande Boucle, quand le grupetto était enfin sous la douche, sa chronique déclinait l’alphabet du Tour avec beaucoup d’ humour et même un zeste d’impertinence. Le zeste du citron, c'est connu, c’est jaune comme le maillot et comme le titre du livre : "Le petit livre jaune" dont s’est inspirée la chronique télé. J’ emprunterai à Christian Laborde, sa 4ème de couverture:
Du vélo ! Des histoires d’échappées, de braquets, d’envols, de chutes, d’exploits inoubliables, de défaillances fabuleuses. Des gueules aussi, celle des géants de la route, des porteurs d’eau, des grimpeurs, des sprinters qui giclent, et celles, rougies par le pinard autant que par le soleil, des fondus qui les encouragent. Des paysages enfin, la montagne, les cols, tous les lacets, toutes les routes.
Des mots J’ai voulu qu’ils sonnent, déboulent, musardent, qu’ils hurlent de joie au passage de Miguel Indurain sur les pentes du Tourmalet.

L’alphabet de Laborde, d’Anquetil à Zaaf, prend 66 pages et se lit en deux tours de pédaliers (et pour les plus vieux quelques rétropédalages). Viennent ensuite, des éclats de rire et de rage (contre le rond point de Gourette par exemple), croquants comme des éclats de noisette dans un carré de chocolat (pas très diététique dirait le Dr Genson... et encore que...on en reparlera !).
Christian Laborde invective, au nom du cyclisme, le ministre français des transports et même le roi d’Espagne ! Lettre ouverte, c’est ainsi que cela s’appelle en littérature, pimentée de provocation. On avait connu celle de Zola pour Dreyfus, ici c’est Laborde pour Jalabert ! En la lisant, certains ont du rire.. .jaune!


En final, poésie et admiration pour Indurain, un jour de grimpette à Hautacam:
"Et toi
serein
tranquilo
tu pédales souplement point sur le i du vent
Jaune roseau
chair cuivrée comme le chaudron des peleras
lunette de soleil
de gangster
braquet de Chicago
tes mains sont aux cocottes et tu zigouilles à mort
tranquilo
Dans ta roue l’hécatombe les corps cassés couchés
Olé..."

«Le petit livre jaune » est à consommer sans modération et, de plus, il n’est pas inclus dans la liste des produits dopants. On devrait pourtant ! Après sa lecture, on en sort ragaillardi et on se mettrait presque ... à faire du vélo!


Marie-Pierre PUJOL

 
 

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Né dans les Hautes-Pyrénées à quelques kilomètres du col du Tourmalet, Christian Laborde est tombé tout petit dans le chaudron des mots (il baigne dans la langue occitane, espagnole et française).
Sa grand-mère parle gascon, l’instituteur parle français, et le menuisier, espagnol. Le premier voisin est polonais et son épouse indochinoise.
En 1985, il écrit sur son ami Claude Nougaro, "l’homme aux semelles de swing" (Grand prix du livre musical Charles-Cros), puis, en 1987, aux éditions Éché, "L’Os de Dionysos", saisi à la suite d’une ordonnance de référé du tribunal de Tarbes. Il a récemment été réédité chez Pauvert).
En 1990 et 1991, Christian Laborde publie chez Régine Deforges "Aquarium", "L’archipel de Bird", puis "Danse avec les ours", un pamphlet contre le percement du tunnel du Somport.
Passionné de cyclisme, il est également l’auteur de "L’ange qui aimait la pluie" (1994), Grand Prix de littérature sportive, de Le Roi Miguel (1995), "portrait de Miguel Indurain et de Flammes"
(Fayard, 1999)

 

Bénabar : Le vélo

 

Places aux paroles d'une chanson de Bénabar :

« Dans le parc des Buttes-Chaumont un cycliste de 5 ans
S'apprête à vivre un grand événement

Encouragé par son père et par sa maman
Il va faire du vélo comme les grands

Il empoigne son guidon
C'est parti pour le grand frisson

Sans les petites roues qui stabilisent
Va falloir qu'il improvise

Notre équilibriste
S'élance sur la piste

Il tombe
Retombe

Les paumes incrustées de gravier
Ca fait mal et pis ça pique

C'est surtout vexant
De tomber en public

Il va pas remettre les p'tites roues
Ca serait pire que tout

Attention! il enfourche son bolide
Et c'est reparti pour la chevauchée intrépide

Au premier coup de pédale
Il bascule et puis s'affale

Il fait rien qu'à l'énerver
Ce vélo qui fait que tomber
C'est quand même très énervant
Ces vélos qui tombent tout le temps

Un coup de pied dans le porte-bagages!
Ca change rien mais ça soulage

Sermon des parents "c'est vilain de faire des colères
Et faut être bien sage et avoir un bon caractère"

Mais s'énerver c'est légitime
Faut se faire respecter des machines

 

 

Avec mon scooter je connais les mêmes déboires
Quand il démarre pas je lui donne
Des coup de casque dans les phares

Alors ce gosse faut pas le gronder
C'est le vélo qui a commencé

Il s'élance dans la descente
Maintient le cap avec adresse

Il dévale la pente
Tangue et se redresse

Et prend de la vitesse
Les jambes à l'horizontale

Le guidon tremble il vibre
Il sautille sur sa selle mais garde l'équilibre

Il vaut faire coucou de la main
Et se vautre un peu plus loin

Il arrache le garde-boue
Et les poignées en caoutchouc

La dynamo d'un coup de talon
Puis piétine les rayons

Et il crève les pneus
Il commence à se sentir mieux

Il fait rien qu'à l'énerver
Ce vélo qui fait que tomber
C'est quand même très énervant
Ces vélos qui tombent tout le temps

Un coup de pied dans le porte-bagages!
La sonnette? elle dégage!

Mais faut pas faire de colère
Alors écoute-moi bien

Plutôt que d'essayer d'arracher les câbles des freins
Fais levier avec un bâton pour pas te baiser les mains. »

© Parole et Musique Bénabar

 
 

Ecoutez la chanson !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Biographie de Bénabar :

Bénabar est né le 16 juin 1969. Il est élevé dans le sud de la banlieue parisienne, en Essonne, entre une mère libraire et un père régisseur dans le cinéma, son premier contact avec la musique sera la trompette, qu’il pratique dès l’âge de huit ans. Pas tant par intérêt pour la musique mais plutôt parce que c’est l’instrument privilégié des clowns et le cirque pour lequel il garde une certaine fascination.
Après son BAC et six mois dans une high-school américaine pour peaufiner son anglais, il prend un sérieux virage vers l’image. Il devient apprenti-photographe et technicien pour le cinéma. Assistant-régisseur stagiaire, il écrit et réalise son premier court-métrage à 20 ans. Il en signera trois sur une dizaine d’années, dont notamment José Jeannette qui lui vaut entre autres, le prix Georges de Beauregard, le Prix du Public de Nancy et le Prix Spécial du Jury à Montréal.

A l’occasion de son troisième court-métrage, les relations avec la production tournent au vinaigre. Le cinéma petit format ne lui convient plus. Il décide alors de s’engager dans l’écriture d’un long-métrage, projet qui somnole encore aujourd’hui dans ses tiroirs.

Mais ses talents de scénaristes, il saura les vendre à la télévision, notamment à Canal + pour la série "H", où il écrit sketches et éditos à la commande. Mais c’est d’un surprenant détour de la vie que sa carrière de musicien est la plus redevable. A 25 ans, quand pour un copain en quête de paroles il écrit ses premières chansons, et décide de se lancer dans l’exercice plus souple et autonome de la musique.

Malgré son passé léger de trompettiste, il sait à peine déchiffrer une partition. Autodidacte, il passe ses journées entre l’ordinateur et le piano. Inspiration, concentration, rigueur au petit déjeuner.

Barnabé


Au départ, il ne pense pas chanter. Jusqu’à ce qu’il se prenne au jeu, entraîné dans le duo Patchol et Bénabar. Son pseudo s’impose alors à lui par l’emploi en verlan du nom de clown Barnabé.

Le duo tourne et c’est en 1996, au cours de concerts parisiens, il croise ceux qui vont très vite devenir ses "associés" : Denis Grare au saxo, accordéon et aux choeurs, Vincent Schaeffer, trompette et trombone, Pascal Vignon, batterie, Stéphane Benveniste, contrebasse. Le répertoire se monte, le nom se fige Bénabar et Associés, le groupe se professionnalise, lui au chant et au piano.

Leur premier album, "La Petite Monnaie" sort en janvier 1998 chez Zébuth, label indépendant. Un succès confidentiel soutenu par des concerts dans toute la France. Médiatiquement, l’enthousiasme est bien présent et le groupe peut compter sur le soutien de nombreux diffuseurs, France 3 nationale et régionale, MCM, Europe 1, France Inter, les locales de Radio France, Fip… Lors de leur passage à Paris, ils écumeront quelques-unes unes des belles salles de la capitale, L’Européen, Le Café de la Danse ou Le Cabaret Sauvage.

Depuis 1997, pas loin de 275 concerts dans des conditions précaires pérennisera la formule "Qui n’a pas dormi avec 6 musiciens dans une chambre d’hôtel Formule 1, ne peut savoir ce qu’est la Préhistoire."

Bénabar, la consécration


Dans la perspective du nouvel album, ils s’éloignent ensuite volontairement de la scène pour élargir son répertoire et travailler les arrangements, notamment avec Fabrice Ravel Chapuis (Artango). Bénabar signe alors en édition chez Universal Music Publishing, et décide de créer sa propre structure de production : Pétaouchnok. Il en profite également pour étoffer son équipe de musiciens : Stéphane Moufflier le rejoint à la batterie, Florent Silve à la contrebasse et Alain "Bulon" Buisson à la guitare/ banjo.

Le groupe rentre ensuite en relation avec l’un des plus gros tourneurs français, Garance Productions, qui produit les concerts des plus gros groupes et artistes internationaux ou nationaux. Ce soutient leur permet de tourner et de préparer un deuxième album sans avoir encore signé sur aucun label. La réalisation artistique est confiée à Alain Cluzeau (Paris Combo, Les Pires, La Trabant…) L’enregistrement et le mixage de l’album, intitulé "Bénabar", ont lieu en septembre et octobre 2000.

Celui-ci sort le 18 septembre 2001 chez Zomba Records, rapidement salué par le public comme la critique. Tout aussi enthousiaste, et à l’écoute de "Bon Anniversaire", le morceau introduisant ce nouvel album, Henri Salvador se promet d’accueillir le trentenaire lors de ses prochains spectacles. Entre les deux artistes évoluant tous deux entre humour et gravité, la proposition reste orale jusqu’à ce que l’insubmersible crooner convie le banlieusard à effectuer comme annoncée la première partie de ses concerts en 2002 dans toute la France. Outre les concerts dans des salles parisiennes de plus en plus grandes, dont Le Café de la Danse, le New-Morning, l’Elysée-Montmartre et un Olympia complet, la tournée compte pas moins de 140 dates. L’ampleur gargantuesque vient ponctuer un album qui prend allègrement le cap du disque d’or. N’oubliant pas ses pairs, il participe à l’album d’hommage à Brassens, "Les Oiseaux de Passage", où il reprend "Embrasse-les Tous".

Bien qu’il l’ait pour l’instant mis en marge, l’écriture de ses chansons reste influencé par sa première passion, le cinéma. Fortement inspiré par le réalisateur Claude Sautet, il aime comme lui pénétrer dans l’intimité des gens, de leurs décors, dévoiler leurs défauts tout en ayant la manière de nous les faire aimer.

Les risques du métier


Il ne faut que dix-huit mois à Bénabar pour ressortir un album. "Les risques du métier" donne à écouter des chansons toujours remplies d'humour et de mélancolie. Cet album est enregistré à Bruxelles où désormais le jeune homme passe la moitié de son temps, avec Alain Cluzeau et les musiciens qui l'ont accompagné sur la dernière tournée. L'arrangeur Fabrice Ravel Chapuis introduit quelques parties de cordes sur certains titres mais reste tout de même dans la veine du précédent album. "Les risques du métier" rencontre un très grand succès et se vendra à plus de 500.000 exemplaires.

Bénabar repart en tournée dès le mois de juillet 2003 et passe dans certains festivals comme celui des Vieilles Charrues à Carhaix. En octobre, il donne une série de concerts dans plusieurs salles parisiennes (l'Olympia, l'Élysée-Montmartre et le Trianon), avant de repartir jouer en province. En février 2004, il est à nouveau à Paris, au Grand Rex où il enregistre un album "Live au Grand Rex" qui sort à la fois en CD et en DVD. On le retrouve ensuite au Printemps de Bourges, aux Francofolies de Spa (Belgique), puis en novembre sur la scène des Zéniths de Lille et Orléans et Paris.

Reprise des négociations

Après avoir exploré les "Risques du métier" sur scène pendant près d'un an, Bénabar fait une pause, le temps de souffler, et de préparer un quatrième album .

Celui-ci sort le 24 octobre, s'appelle "Reprise des négociations" empruntant au langage du monde syndical, peut-être pour faire écho au précédant. Pour la première fois, Bénabar prend son temps pour peaufiner cet ouvrage en studio. Ainsi, il met trois mois pour accoucher de cet opus, lui qui a enregistré son premier album en une semaine, préférant partir en tournée à la rencontre du public (il a à son actif 350 concerts au compteur depuis 2002 !).

Dans "Reprise des négociations" on retrouve le chansonnier des "Risques du métier", mais celui-ci ne se contente plus de dépeindre ce qu'il a observé chez les autres. Bénabar parle de lui avec un "Je" (dans "Triste compagne" par exemple). Aussi, il investit par l'écriture l'univers de ce qu'a été son enfance avec des titres évocateurs comme "Maritie &Gilbert Carpentier", le premier simple, (du nom des célèbres producteurs d'émissions de variétés à la télévision française dans les années 70), dans "4 mur et un toit" ou encore dans "Tu peux compter sur moi", qui explore la complicité entre copains à l'âge de l'adolescence. Un album un peu plus introspectif donc, mais qui garde la même pêche que les précédant. Le succès est immédiat, dès sa sortie, l'album plafonne en tête des ventes. Celui qui symbolise "la nouvelle chanson française", est devenu avec les années une référence de la scène hexagonale.

En février 2006, Bénabar entame une grande tournée hexagonale, alors que les ventes de "Reprise des négociations" confirment le succès du chanteur : 300.000 exemplaires ont déjà été vendus ! Le public est également au rendez-vous dans les salles françaises, notamment au Folies Bergères de Paris, où Bénabar se produit du 22 au 28 février. Très tôt, les trois dates programmées du 6 au 8 juin au Zénith affichent complet. La tournée se poursuit, avec des escales pour les grandes rencontres de l'été : Printemps de Bourges le 1er mai, Solidays le 9 juillet, le festival breton de Terre-Neuvas le 7 juillet, les Francofolies de La Rochelle le 17 et le Paléo-festival de Nyon, en Suisse, le 22. Un programme estival très attendu par les fans du jeune parisien, qui sont nombreux à se déplacer pour découvrir "Reprise des négociations" sur scène.

 

 

 

 



 

 

 




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